lundi 6 octobre 2008

Siquet réconforté, Pister frustré


Partage de frères au Tondreau. L'Albert méritait la victoire mais le Sporting a failli réussir le hold-up parfait.

Endeuillé par une altercation périphérique fatale à un supporter visiteur, le derby hennuyer a renvoyé dos à dos Dragons et Zèbres, un résultat qui, dans le contexte actuel, ne satisfait aucun des deux camps. Mons et Charleroi campent toujours, après 7 matchs, dans la zone des menacés avec la perspective de devoir, après la trêve, se farcir chacun un redoutable déplacement. L'Albert, en effet, s'en ira offrir la réplique au Standard alors que le Sporting aura à rendre visite au GBA.

Pour autant, leur cause est loin d'être désespérée. S'il est acquis qu'ils ne se mêleront ni l'un ni l'autre à la lutte pour les places d'honneur, ces deux clubs possèdent suffisamment d'arguments pour éviter le pire.

Malgré son semi-échec de samedi, Mons est même parvenu à rassurer définitivement le quarteron de ses supporters. Il a de fait dominé de la tête et des épaules la première mi-temps lors de ses retrouvailles avec les Carolos qu'il n'est jamais parvenu à vaincre chez lui depuis son accession en première division. Nul ne peut donner tort à Thierry Pister qui, après match, confiait : « Nous aurions dû tuer tout suspense en menant 2-0 avant la pause. » « Je reconnais que nous avons beaucoup souffert, admettait sportivement Thierry Siquet. La pression était énorme dans nos rangs après l'affront essuyé face à Courtrai et toutes les critiques qui se sont abattues sur nous. La peur de mal faire, l'état du terrain, très difficile, et les remaniements opérés en semaine nous ont empêchés de développer nos combinaisons habituelles. Nous avons, c'est vrai, subi la loi de l'adversaire avant de nous rebiffer. A 0-1, le combat a changé d'âme et c'est nous qui avons alors hérité des plus belles opportunités de creuser l'écart. » Entre-temps, Frédéric Herpoel avait commis une erreur de débutant en offrant bien involontairement à Habibou l'occasion d'ouvrir le score.

Condamné à prendre tous les risques, l'Albert s'exposa alors de plein fouet aux contres adverses et ce fut finalement… Herpoel qui, du pied, tira les siens du pétrin.

« J'ai apprécié la réaction de mes joueurs après le but d'ouverture, enchaînait Pister. A l'image de Dahmane, Okkonen et Brahami, ils ont donné tout ce qu'ils avaient dans le ventre pour renverser la vapeur. Et, après avoir égalisé, ils y seraient parvenus sans ce penalty raté par Diane qui, à l'avenir, devra faire preuve d'un peu plus d'humilité. Quand on se sert des médias pour revendiquer une place de titulaire, il faut aussi assumer sur le terrain. Ce joueur, qui a voulu tirer lui-même le coup de réparation alors que cette tâche était dévolue à Dahmane ou Brahami va, après son loupé, devoir rendre des comptes à ses équipiers. » Frustré, Pister aurait tout aussi bien pu pointer du doigt Oris qui rata à la dernière seconde l'immanquable. Mais le transfuge flandrien eut au moins le mérite de se battre d'un bout à l'autre. Ce qui fut loin d'être le cas dans le chef de bon nombre de Sportingmen, visiblement incapables de se remettre en question. Même s'il se disait rassuré par ce qu'il a vu en seconde période, Siquet, qui n'avait pas hésité à envoyer Kere sur le banc, n'est pas (encore) sorti de l'auberge.

Herpoel fait perdre deux points ; Laquait en gagne un

Mons et Charleroi possèdent deux des meilleurs gardiens évoluant en Belgique. Si, samedi, les équipes dont ils défendent les intérêts avec brio ne sont pas parvenues à se départager, Bertrand Laquait a, lui, remporté haut la main le duel à distance qui l'opposait à Frédéric Herpoel. Auteur d'une erreur technique qui a ouvert la voie du but à Habib Habibou, le portier hennuyer n'a, selon ses habitudes, pas fui ses responsabilités. « Je ne vais pas me voiler la face : si nous perdons deux points contre Charleroi, c'est uniquement de ma faute. »

Retrouver trace d'une telle « floche » dans le chef de Frédéric Herpoel est pratiquement impossible. « Cela veut dire que je suis tranquille pour quelques années » faisait-t-il remarquer sans pour autant parvenir à chasser de son esprit cette intervention manquée entre Yajour et Buysens. « C'est quelque chose qui arrive mais qui ne doit jamais arriver. Commettre une bourde pareille à 0-0, ça change toutes les données d'une partie. M'excuser auprès du groupe ? Non, je n'y pense même pas car ce sont les faibles qui se servent des excuses. » Du haut de son expérience, Frédéric Herpoel sait qu'un gardien ne peut se permettre la moindre imperfection. Défaut qui est en revanche pardonné à ses partenaires de la ligne offensive qui ont gaspillé sans regarder à la dépense…

Bertrand Laquait a joué 158 matchs en faveur du Sporting Charleroi. Samedi soir, au stade Tondreau, le Français est pourtant encore parvenu à étonner ses partisans. Auteur de quatre interventions déterminantes face à Kevin Oris, il s'est également accordé la satisfaction de dévier le penalty botté par Mounir Diane. « Nous avions effectué le déplacement avec l'intention de prendre des points. Nous en obtenons un, le premier hors de notre stade. Ce n'est déjà pas si mal dans le contexte délicat qui a précédé cette partie » expliquait-il en faisant allusion au sportif (l'échec contre Courtrai n'a pas encore été digéré) et au drame humain (décès d'un supporter des Zèbres) qui s'est déroulé en fin d'après-midi dans le centre-ville de Mons.

Bertrand Laquait, qui tient à associer son coach personnel Philippe Vande Walle à sa réussite actuelle – « dès mardi, il m'avait prévenu qu'en cas de penalty à Mons, il valait mieux que j'anticipe sur ma gauche » –, revient sur le parcours plutôt décevant réalisé jusqu'à présent par une équipe qui ne manque pourtant pas de talent.

« On doit tous à chaque fois se préparer en faisant preuve d'égoïsme afin d'être les meilleurs possibles. Je crois que le message est désormais passé car on savait que pour sortir indemne de cette confrontation, il ne fallait pas seulement essayer de jouer au football. Nous devions aussi, tous, aller au combat. C'est ce qui s'est passé. Après, que je réalise une bonne performance, c'est sûr que cela me réjouit. A l'image de mes équipiers, je pense avoir toujours donné le maximum. Mais parfois, la réussite vous tourne le dos et tous vos efforts demeurent vains. »

Sans Bertrand Laquait, Kevin Oris aurait certainement été le héros de la soirée. L'attaquant de Mons s'est effectivement heurté à quatre reprises au gardien français. Sur coup franc (9e, repoussé des deux poings) et sur des phases de jeu (12e, 28e, 59e) qui ont toutes, d'une manière ou d'une autre, été contrées par un portier dont l'état de grâce n'aurait servi à rien si l'ex-attaquant d'Overpelt-Lommel n'avait pas galvaudé, de la tête, l'ultime chance.

« Je m'en veux terriblement pour cet échec. Comment ai-je fait pour ne pas envoyer cette balle dans le goal à la dernière minute ? » s'interrogeait-il encore une heure après le coup de sifflet final. « Je suis fort déçu de ma prestation car si je veux m'imposer au plus haut niveau, je me dois d'être plus régulier et efficace en zone de finition. Mais bon, je me dis que je n'aurai pas à chaque fois en face de moi un gardien aussi performant que Laquait qui, sans exagérer, a au moins évité en deux circonstances un but déjà acquis. »

Kevin Oris ira tester dans deux semaines à Sclessin les réflexes d'Aragon Espinoza… qui évolue dans un autre style que celui de Laquait.


(source : Lesoir.be)

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