vendredi 6 novembre 2009

Mogi Bayat livre ses 4 vérités ...




Avant de se concentrer sur le match contre La Gantoise (ce soir, 20h30), l’adversaire du jour, Mogi Bayat, le manager général de Charleroi, balaye devant sa porte, celle des vestiaires et celle des tribunes. L’aiguillon pique encore. Il revient sur les dossiers chauds.


Crucial. Le match de ce vendredi soir contre les Gantois l’est assurément pour Charleroi. La dernière victoire des Zèbres, c’était à Genk. Depuis? Six matches sans victoire. Et l’eau de la Sambre a coulé sous bien des ponts, emmenant dans ses flots troublés un entraîneur qui ne l’était pas moins...

Au cœur des tourments, Mogi Bayat reste tenace et déterminé. Il a accepté de faire le point, entre deux délices du “ Zinc de la mer ”, sur une semaine tumultueuse. A prendre de front. Comme d’habitude.

>1. Le départ de Demol: “ Trahison. ”

Partir sur un texto un jour de match et venir s’expliquer quelques jours plus tard dans le bureau du président, ça ne s’était jamais vu. Même à Charleroi.

“ Je suis affecté par le peu d’honnêteté et par les doutes qui ont entouré le départ volontaire de Stéphane ”, concède Mogi sur un ton calme. “ Comme Badou Kere l’a déclaré, j’ai toujours, et tout le club avec moi, soutenu Stéphane Demol. Ce sont deux sentiments qui m’animent: la déception et la trahison. Je peux assurer sans les trahir que c’est aussi le cas de Pierre-Yves Hendrickx, Mehdi Bayat, du staff, des joueurs et de tout le personnel du Sporting. ”

On tente d’obtenir un autre commentaire mais Mogi Bayat ne voit rien à ajouter. Dans un premier temps puisqu’il se ravise rapidement: “ OK, finalement, je vais quand même vous dire quelque chose d’important. Le staff et les cadres sont tous au courant de toute la vérité. Ils savent tout de A à Z sur le départ de Stéphane Demol. Et ça me suffit. De plus, j’ai fait la promesse à mon ami Mano (restaurateur de la Ville-Haute) de ne pas tirer sur une ambulance. Quitte à ne pas éclairer complètement la lanterne du grand public. Je souhaite de tout cœur à Stéphane Demol de se soigner et de régler ses problèmes personnels pour retrouver toute sa lucidité dans son travail. ”

>2. “ Dur dur l’après Jacky Mathijsse. ”

Pour Mogi Bayat, pas question de verser trop de larmes sur le sort des onze entraîneurs qui ont défilé sous la présidence d’Abbas Bayat: “ Des gens qui ont réellement marqué l’histoire du club lors des dernières années, je n’en vois que deux: Dante Brogno et Jacky Mathijssen. Or, eux, ils ont quitté le club en bons termes. Avec Jacky, il s’est agi d’un différend ponctuel et minime. Je parle avec eux au moins une fois par semaine. Les autres? Ils polémiquent sur le travail réalisé avec nous mais qu’ont-ils vraiment fait pour faire progresser le club? ”

Qui choisit l’entraîneur? “ J’ai un président et il souhaite effectuer lui-même le choix de l’entraîneur engagé. D’accord ou pas, on respecte la hiérarchie comme dans n’importe quelle entreprise. ”

Des erreurs de casting ou des dirigeants irréprochables?

“ Nous reconnaissons que depuis le départ de Jacky Mathijssen, nous n’avons pas recommencé un autre cycle constructif avec quelqu’un d’aussi compétent que lui. Nous devons trouver un entraîneur avec lequel entamer un nouveau cycle. ”

>Impopularité: “ Juste une petite minorité ”

Il y a peu de temps encore, tout le monde faisait la cour à Mogi Bayat. Tous les partis ou presque le voulaient sur leur liste pour les élections communales. Les temps ont changé, une partie du stade l’ayant clairement pris en grippe. “ Peut-être mais ce n’est pas l’épidémie. Il s’agit d’une petite minorité. Moins d’une centaine de supporters sur 6.000, et, en plus, ce ne sont pas des supporters. Ils sont anti tout. Ils n’hésitent pas non plus à injurier nos joueurs de couleur. Rien dans les reproches qu’ils nous font ne repose sur des fondements sérieux. Ils préfèrent voir le club en D2 ou D3 et être les seuls dans la tribune. Je leur ai déjà dit: qu’ils ne viennent plus! Heureusement, la grande majorité de nos supporters n’est pas comme ça et vient avant tout pour le matricule 22. La seule popularité qui m’intéresse, c’est celle que j’ai avec les gens qui travaillent avec nous pour le bien du club: les collègues, le staff, les partenaires, tous ceux qui sont constructifs. Critiques parfois mais constructifs. ”

>4. Son bilan: “ La pérénité du club avant tout ”

Face aux critiques, le manager des Zèbres réplique: “ Sans trop m’avancer, je pense pouvoir dire qu’en 2010-2011, le Sporting et le Standard seront les seuls clubs wallons en division 1, sauf si un miracle se produit à Mouscron. Contrairement à La Louvière, Mons et Tubize, Charleroi est toujours dans l’élite du foot belge et est un club qui dégage des vraies garanties de pérennité. Cela, c’est un vrai critère pour juger le boulot que, tous au club, nous faisons chaque jour. ”

Quant aux résultats sportifs, une petite participation à la coupe Intertoto, n’est-ce pas insuffisant?

“ Nous sommes passés d’un état de quasi faillite à un club dégageant des bénéfices. Dans le même temps, nous avons fini deux fois dans les cinq premiers en cinq saisons. Je trouve que c’est un très bon bilan. ”

Toujours de front, on vous l’avait bien dit.

(source : La Nouvelle Gazette)

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