samedi 8 août 2009

Où sont les belges ?




Aucun Belge de naissance ne figurait dans le onze de départ carolo dimanche

Nous sommes tous des étrangers, c'est bien connu. Comme il est bien connu qu'un supporter veut avant tout l'ivresse de la victoire, quel que soit le flacon de la composition de son équipe. Il n'empêche... Jusqu'au début des années 90, les clubs ne pouvaient aligner que trois joueurs étrangers. Une des conséquences de l'arrêt Bosman fut de faire voler en éclats cette règle, et il n'est donc pas rare de voir une majorité d'étrangers dans une équipe.

Ceux qui, comme Beckenbauer, affirment qu'il est capable de gagner uniquement avec des nationaux, en sont donc pour leurs frais. Tout à leur joie, les tenants de la libre circulation et/ou de la diversité poussée à son paroxysme craignent, eux, que Blatter ne parvienne un jour à imposer son idée du 6 + 5, soit l'obligation d'aligner six autochtones au départ. Jusqu'ici, cela bloque au niveau politique européen.

Quoi qu'il advienne , la situation actuelle alimente le Café des Sports, où l'on se demande si ces étrangers présents en masse sont vraiment supérieurs aux gens du cru bloqués de facto. Un cas a retenu notre attention le week-end dernier : Charleroi n'avait dans son onze de départ aucun Belge de naissance !

À la manière d'Arsène Wenger, qui n'hésite jamais à aligner onze non Anglais à Arsenal, Stéphane Demol argumente : "Pas question de faire un choix sur base d'un autre critère que le sportif ! À l'heure de la sélection, je tiens uniquement compte de ce que j'ai de meilleur à ma disposition. Et nous respectons la règle imposée par l'Union belge en couchant les noms d'au moins six joueurs belges, assimilés ou formés au club sur la feuille..."

Et de sortir du cadre strictement footballistique :

"Je ne suis ni Wallon ni Flamand et, plus encore, je suis Européen, voire citoyen du monde par la force des choses que mon métier implique ! On dit que j'ai aligné onze joueurs étrangers, parce que Mboyo, le seul Belge considéré comme tel, ne l'est qu'à moitié. Or il n'y a pas de demi-Belge ou bien de demi-étranger. Donc, il est Belge !"


Qu'en pensent les fans ?

Micro tendu au sein du kop carolo

"En fait, il est grand temps que les clubs belges investissent dans les écoles de jeunes comme cela se fait en France mais demain n'est pas la veille ! Donc, nous serons bientôt en retard de vingt ans" , nous dit Eric Herbinia, président des Gueules Noires , sur le sujet. "Il y a Lella qui peut s'intégrer dans l'équipe mais qui d'autre ? Les jeunes doivent bénéficier d'un bon centre d'entraînement. L'état du site de Marcinelle, c'est vraiment triste de voir cela, c'est même honteux, et la Ville ne fait rien pour y remédier non plus !"

Axel Mathieu, figure légendaire de la T4, met le doigt sur d'autres aspects : "Même si c'est l'évolution du football, il est triste de constater qu'on préfère des joueurs de seconde zone, inconnus pour certains, à de jeunes Belges. Est-ce clairement pour une raison financière ? Ces joueurs étrangers gagnent-ils moins ? Apportent-ils tous un plus ?"

Et de conclure : "Quand on parle de foot-business, on pense directement à l'Angleterre, l'Italie ou l'Espagne, mais le phénomène est présent aussi chez nous : on préférera un tel pour son agent, un autre pour sa revente quelques mois plus tard, etc."


(source : dhnet.be)

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